Un pays qui ne produit plus ses médicaments, qui confie les données de santé de ses habitants à des prestataires soumis au droit d'un autre État, et qui forme des ingénieurs et des chercheurs pour Zurich, Amsterdam et San Francisco, ne décide plus de sa politique sociale. Il la subit.
Nous ne proposons pas seulement de mieux partager ce que d'autres produisent. Nous proposons de produire à nouveau.
Deux principes tiennent ce programme d'un bout à l'autre.
Ce qui est stratégique remonte, ce qui est quotidien descend. L'énergie, le rail, l'eau, le médicament, les réseaux, les données publiques relèvent de la propriété publique nationale. L'école, la santé de proximité, les transports du quotidien, l'urbanisme et l'alimentation relèvent du pilotage local, avec les moyens fiscaux qui vont avec. Ce n'est pas une contradiction, c'est une répartition selon la nature de chaque bien.
L'obligation de résultat remplace l'obligation de moyens. Une entreprise qui perd les données de quarante millions de personnes ne s'en tire pas avec un plan d'action. Un EHPAD n'affiche pas un objectif de qualité, il respecte un ratio de personnel. Une école ne publie pas un taux, elle garantit que chaque enfant lit à huit ans. Partout où l'État énonce aujourd'hui des intentions, nous posons un seuil, un contrôle et une sanction.