Les retraites
Abrogation de la réforme de 2023, retour à 62 ans, et création d'un étage de capitalisation publique qui devient aussi le fonds souverain français.
Nous abrogeons la réforme de 2023, imposée sans vote contre l'avis de toutes les organisations syndicales. Et nous reconstruisons un système à trois étages, parce que le système actuel repose sur un seul pied.
Ce que nous rétablissons
- Âge légal à 62 ans, quarante-deux annuités.
- Départ à 60 ans pour les carrières longues, sans condition supplémentaire.
- Pénibilité rétablie dans ses quatre critères supprimés en 2017.
- Minimum de pension au niveau du SMIC net pour une carrière complète, indexé sur les salaires.
- Retraite progressive de droit à partir de 58 ans, opposable à l'employeur.
Ce que nous créons : un fonds public de retraite
À côté de la répartition, nous créons un étage universel et obligatoire par capitalisation publique. Deux à trois points de cotisation alimentent un compte individuel, tenu par un opérateur public, investi collectivement. Chacun peut consulter son solde à tout moment. Plus une carrière est longue, plus le capital accumulé est élevé.
Ce n'est pas une rupture idéologique : l'État applique déjà la capitalisation à ses propres agents depuis 2005, à travers le régime additionnel de la fonction publique.
Nos garanties, indissociables de la mesure :
- Gestion publique, indexée, avec des frais plafonnés par la loi. Ni gestion active, ni commissions bancaires. C'est ce qui a ruiné les rendements ailleurs.
- Conseil de surveillance associant les organisations syndicales.
- Garantie publique du capital versé : personne ne récupère moins qu'il n'a cotisé.
- Sécurisation automatique et progressive à l'approche de la retraite, pour que la date de départ ne soit pas une loterie.
- Exclusion des énergies fossiles, mandat de détention d'actifs productifs européens.
- Sortie en rente, avec option de sortie partielle en capital.
Ce fonds est aussi notre fonds souverain. L'épargne retraite des Français financera l'industrie et les infrastructures françaises et européennes. La Norvège et la Suède l'ont fait avant nous.
Ce que nous ajoutons : un capital de départ
Un abondement public est versé sur le compte à la naissance, puis à la majorité, plus élevé pour les enfants des ménages modestes. Personne ne devrait entrer dans la vie active sans aucun patrimoine.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne basculons pas l'ensemble du système vers la capitalisation. Ce basculement obligerait une génération à payer deux fois : ses propres comptes et les pensions de ceux qui sont déjà retraités, soit environ 380 milliards d'euros par an pendant quarante ans. Aucun pays comparable n'y est parvenu. Nous préférons dire ce qui est finançable.
Le compte individuel ne servira pas à financer le chômage. Le chômage est un risque, il se mutualise. Faire autofinancer par les carrières précaires les périodes qu'elles subissent reviendrait à les faire payer deux fois.
Financement
Élargissement de l'assiette des cotisations à l'intéressement, à la participation et aux primes exonérées. Résorption de l'écart salarial entre les femmes et les hommes, qui produit mécaniquement des recettes. Hausse modérée et progressive de la cotisation employeur. Et surtout, emploi des seniors : le taux d'emploi des 60-64 ans reste très en dessous de celui de l'Allemagne ou de la Suède. Reculer l'âge légal sans agir sur ce taux ne fait que transférer des retraités vers le chômage et l'invalidité.
La montée en charge de l'étage capitalisé s'étale sur quinze ans, à partir de la troisième année du mandat.