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Le programmeFinancer

Redresser les comptes publics

Une règle simple — le fonctionnement s'équilibre, l'investissement s'emprunte — des recettes nommées, et une trajectoire de dix ans publiée année par année.

Nous ne prétendrons pas financer ce programme avec des économies de fonctionnement. Personne ne le peut.

L'état des lieux

À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique atteignait 3 536 milliards d'euros, soit 117,5 % du PIB. Le déficit se situe autour de 5 % du PIB. La charge d'intérêts approche 67 milliards par an et figure parmi les tout premiers postes budgétaires de l'État. Stabiliser simplement le ratio de dette suppose de réduire le déficit d'environ 80 milliards par an.

La règle que nous appliquerons

Le fonctionnement s'équilibre. L'investissement s'emprunte. C'est la règle qui s'applique déjà à toutes les communes de France. Racheter un réseau, financer une usine ou rénover un logement n'est pas une dépense courante : c'est l'acquisition d'un actif qui produit un revenu et réduit nos importations.

Discipline budgétaire

  • Règle d'or distinguant fonctionnement et investissement, inscrite dans la loi de programmation.
  • Gel automatique des engagements nouveaux à défaut de budget voté au 31 décembre. Les traitements, les hôpitaux et les services votés continuent. Ce sont les projets du gouvernement qui s'arrêtent, jamais le pays.
  • Chiffrage indépendant obligatoire de tout amendement significatif, y compris gouvernemental, par un Haut Conseil des finances publiques aux moyens renforcés. Cette règle s'appliquera à nous comme aux autres.
  • Extinction automatique de toute niche fiscale au bout de quatre ans, sauf reconduction expresse après évaluation publique de son efficacité. La France en compte plusieurs centaines, pour un ordre de grandeur de quatre-vingts à cent milliards d'euros par an, dont beaucoup n'ont jamais été évaluées. La charge de la preuve change de camp.

Les recettes

  • Barème de l'impôt sur le revenu à douze tranches, progressivité restaurée en haut et allègement en bas.
  • Retour des revenus du capital au barème progressif, en lieu et place du prélèvement forfaitaire unique.
  • Impôt sur la fortune rétabli avec composante climatique, exonération de l'outil productif réellement exploité.
  • Imposition minimale effective des très hauts patrimoines.
  • Réforme des successions : allègement pour les petites et moyennes transmissions, qui sont déjà largement exonérées sans que les Français le sachent, taxation renforcée au-delà des patrimoines élevés, fin du régime dérogatoire de l'assurance-vie.
  • Taxation des rachats d'actions et modulation de l'impôt sur les sociétés selon que le bénéfice est réinvesti ou distribué.
  • Application effective de l'imposition minimale mondiale des groupes multinationaux, avec les moyens de contrôle correspondants.
  • Lutte contre le travail dissimulé et la fraude aux cotisations, dont le manque à gagner dépasse largement la fraude aux prestations. Nous visons les employeurs fraudeurs.

Les économies structurelles

Réforme des agences et opérateurs, réinternalisation des prestations, mutualisation de l'achat public, rationalisation de l'immobilier de l'État, efficience des dépenses de santé. Nous les chiffrons entre trois et six milliards par an à horizon cinq ans, et nous le disons franchement : cela représente une fraction de l'effort nécessaire. Ces mesures rétablissent le fait que l'État se dirige lui-même. Elles ne remboursent pas la dette.

La croissance

Aucune économie ne se relance par la réduction de la dépense. Nos quatre moteurs :

  1. La commande publique de long terme, qui donne aux filières la visibilité qui déclenche l'investissement privé.
  2. Une énergie compétitive, avantage comparatif décisif pour relocaliser l'industrie.
  3. Le capital humain, seul levier de productivité à quinze ans, ce qui fait de l'école et de la recherche un investissement.
  4. Le taux d'emploi des seniors, des jeunes et des femmes, très en dessous de celui de nos voisins. C'est le gisement le plus large et le moins discuté.

Pour financer l'investissement, la France ne manque pas d'épargne : elle en dirige trop peu vers son propre appareil productif. Un livret d'épargne industrie et transition garanti par l'État, une réorientation fiscale d'une fraction de l'assurance-vie et une banque publique d'investissement recapitalisée y pourvoiront, aux côtés du fonds public de retraite.

L'indicateur que nous rendrons public chaque année

La balance commerciale des biens. Elle mesure exactement ce que ce programme prétend corriger : ce que nous n'achetons plus à l'étranger, nous le produisons ici.

Notre horizon

Nous ne promettons pas de redresser les comptes et de reconstruire l'école, la santé et l'industrie en cinq ans. Nous nous engageons sur une trajectoire de dix ans, publiée année par année, chiffrée mesure par mesure, sans hypothèse de croissance supérieure à un point de PIB. Cette trajectoire fait l'objet d'une annexe distincte, actualisée et opposable.